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Enjeux de la dérégulation dans la filière vin sur le territoire européen

Posté le 23/01/2011
par Michel VERON

Communiqué de presse de l'Association des Régions Européennes Viti-vinicoles (AREV) - 19 Janvier 2011

C O M M U N I Q U É

Constitué de hauts représentants politiques et professionnels d’Allemagne, d’Autriche, d’Espagne, de France, de Géorgie, de Hongrie, d’Italie, du Luxembourg, de Roumanie et de Tchéquie, le Bureau International de l’Assemblée des Régions Européennes Viticoles (AREV – 75 Régions de 19 pays d’Europe) s’est réuni le 19 janvier 2011 à Bruxelles pour faire le point sur l’impact de la réforme de l’OCM-vin après deux années de mise en œuvre et pour décider des initiatives à prendre – l’AREV va diligenter une étude scientifique d’évaluation – afin de rouvrir le débat nécessaire à la faveur du rapport que la Commission doit livrer au Conseil et au Parlement à la fin 2012.

Au cours de leurs échanges sur les incidences de la réforme à court et à moyen terme sur les hommes, les entreprises et les collectivités territoriales de leur cadre de vie que sont les régions, les participants furent unanimes à considérer que si quelques unes de ses mesures sont à saluer, comme l’instauration d’enveloppes financières nationales, permettant une gestion plus subsidiaire, ou la promotion sur le marché extérieur, les perspectives de la plupart des exploitations viticoles sont toujours moroses et leurs revenus nettement à la baisse. Malgré les importantes mesures d’arrachage, l’objectif majeur de la réforme, qui était le rétablissement du marché et le renforcement de la compétitivité, est loin d’être atteint alors que sa mesure la plus controversée, la libéralisation totale des droits de plantation dès la fin 2015, ne pourra qu’aggraver la situation par un mouvement de dérégulation sans précédent.

Rappelant que la viticulture des zones d’appellation traditionnelles jouait un rôle crucial non seulement dans le tissu socio-économique régional, mais aussi dans le cadre environnemental et paysager des territoires, le Président de l’AREV, Jean-Paul Bachy, Président de la Région Champagne-Ardenne, souligna la nécessité de préserver les outils de gestion régulateurs qui ont contribué, à travers les siècles, à façonner le formidable patrimoine rural actuel et les paysages viticoles, cadres de vie identitaires qui représentent de fortes valeurs ajoutées de la production de vin. Il insista en outre sur la spécificité du vin entre toutes les productions agricoles, spécificité qu’il s’agit de préserver d’autant plus que les surfaces plantées en vignes n’ont aucune alternative culturale.

Le tandem Vignoble/Région en première ligne

Evoquant l’inquiétante situation financière de nombreuses exploitations dans la majorité des Régions membres, le Président de l’AREV réaffirma la nécessité de lisser les effets de l’alternance de cycles d’excédents et de pénuries liés à toute production viticole. Instrument indispensable de la régulation de l’offre (consubstantielle des notions d’appellation d’origine et de terroir) qui a fait ses preuves face au jeu sauvage du marché dans la première moitié du XXe siècle, le régime des droits de plantation est aussi un outil de gestion raisonnée des zones de production au bénéfice du patrimoine collectif du couple Vignoble/Région dont l’AREV est, de par sa double représentativité, le porte-parole naturel. La disparition de ce régime favorisera inévitablement la délocalisation des vignobles vers des zones mécanisables (des collines vers les plaines) et à main d’œuvre à bas coût (migration transfrontalière des investissements), et conduira à une concurrence déloyale entre les vins avec IG et les vins sans IG, dénués de contraintes de production, qui bénéficient de surcroît, depuis la réforme, de la même présentation.

Nécessité de perspectives durables

Les représentants professionnels au sein de l’AREV firent principalement valoir que face à l’évolution à redouter après 2015, les jeunes viticulteurs hésitaient d’ores et déjà fortement à reprendre les petites et moyennes exploitations patrimoniales qui seront de plus en plus confrontées à l’industrialisation de la viticulture. Les formations offertes aux jeunes du secteur vitivinicole enregistrent une stagnation voire un recul des effectifs. Nombre d’exploitants retiennent leurs investissements face aux incertitudes sur les effets à venir des mesures ultralibérales de l’OCM. Dans certaines zones, on assiste déjà au pré-positionnement d’opérateurs disposant de gros capitaux en vue de l’extension de leurs exploitations, ce qui ne manquera d’avoir un impact fatal sur les plus petits.

Débat sans idéologie fondé sur une étude

Dans ce contexte, le Bureau International de l’AREV a décidé de diligenter une étude scientifique à l’échelle européenne visant à évaluer l’impact socio-économique et environnemental de cette mesure sur la filière et les collectivités territoriales.

Parallèlement, il lance un appel solennel non seulement à l’adresse du nouveau Commissaire Dacian Ciolos et des Parlementaires Européens, mais aussi des chefs d’Etat et de gouvernement des Etats membres viticoles de l’UE (17 sur 27 – bientôt 18) leur demandant, dans leur propre intérêt, de saisir l’échéance du rapport programmé pour la fin 2012 pour réexaminer cette mesure « sans idéologie » à la lumière de son étude.

Enfin, il réitère sa demande pressante visant à la mise en place d’un Observatoire de la viticulture européenne prenant en compte la dimension régionale qui est le cadre socio-économique et environnemental de tout vignoble.


AREV – BRUXELLES – 19.01.2011

 

 

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